Se former pour évoluer

Compte-rendu de la Réunion du 26/02/ 2009 au Club de la presse de Lyon 

Remerciement à Martine Rossard, co-animatrice du pôle pigiste du SNJ et négociatrice de ces deux accords, à la vingtaine de journalistes présents, au Club de la Presse de Lyon qui nous a accueillis, à la section SNJ de Lyon qui a organisé cette rencontre.

1 - La formation des journalistes rémunérés à la pige

 Rappel : la pige est un mode de rémunération qui concerne aujourd’hui près de 7000 journalistes professionnels. Les journalistes pigistes sont des journalistes à part entière.

  (cf. la définition du journaliste dans le Code du travail, article L 7111-3: « Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, quotidiennes ou périodiques, ou agences de presse ou dans une ou plusieurs entreprises de communication audiovisuelle et qui en tire le principal de ses ressources

(cf La Loi Cressard qui permet de reconnaître le statut de salarié aux journalistes pigistes ou article L7112-1 « Toute convention par laquelle une entreprise de presse s’assure, moyennant rémunération, la collaboration d’un journaliste professionnel est présumé être un contrat de travail)

 Il existe différents dispositifs de formation des journalistes dont les pigistes étaient de fait écartés jusqu’à maintenant.

 • Toute entreprise de 20 salariés et plus a l’obligation de consacrer au minimum 1,6 % de la masse salariale à la formation dont 0,9 % réservé au plan de formation, géré en interne par la société + O,7% mutualisés dans l’organisme paritaire de branche dont 0,2% réservés au CIF et 0,5% consacrés aux actions de professionnalisation et aux DIF prioritaires.. Les pigistes sont généralement oubliés (vérifier : l’inclusion du salaire des pigistes dans la masse salariale, l’information des pigistes par l’entreprise).

 • Congé individuel de formation CIF : par définition c’est une démarche individuelle. Il est pris en charge par deux organismes, Afdas pour l’audiovisuel (qui considère les pigistes comme des CDD, ce qui sur ce plan facilite les choses) et Mediafor pour la presse écrite. Les pigistes ne connaissent pas leurs droits et ne se servent pas de cet organisme qui pourtant prend en charge les frais pédagogiques, des frais de déplacement et assure le maintien du salaire (ou 80 %) mais il faut pour cela que le ou les employeur(s) délivre(nt) une autorisation d’absence (obligatoire). Le CIF peut aller jusqu’à un an et concerner une formation de reconversion (sortie du journalisme).

 • Droit individuel à la formation DIF, dispositif plus récent calculé sur la base d’un droit de 20 h/an de formation pour les salariés à plein temps, cumulable sur plusieurs années et plafonné à 120 h. Les employeurs ont prétendu ne pas savoir faire le calcul des droits des journalistes pigistes puisque ceux, ci, rémunérés à la tâche, n’ont pas d’horaires de travail.

Ce que change l’accord sur la formation des journalistes à la pige de presse écrite

 A partir de 2009, tous les financements obligatoires pour la formation correspondant à la masse salariale des journalistes pigistes de presse écrite vont être mutualisés chez Mediafor  Et les droits individuels vont être calculés par cet organisme et une commission ad hoc « pigistes » qui doit se mettre en place..Théoriquement, chaque journaliste pigiste aura un droit de tirage sur les différents financements et dispositifs : plan, DIF, CIF, période de professionnalisation. Et Mediafor pourra monter un dossier permettant une prise en charge des frais pédagogiques et le versement d’un salaire de remplacement pendant la formation, calculé d’après les salaires antérieurs. Ces formations peuvent permettre aux journalistes de se perfectionner, de se reconvertir et surtout de faire reconnaître leurs qualifications auprès de leurs employeurs.

 Histoire d’une signature

L’accord (favorable aux pigistes) a été trouvé dès 2007 et signé par six syndicats de journalistes mais pas par les employeurs qui ont exercé un chantage à la signature : ils ne signeront cet accord que si les syndicats signent un autre accord (protocole d’étape, voir plus loin).

La mise en place de l’accord

Ainsi depuis début 2009, les borderaux de collecte de Mediafor identifie une masse salariale des permanents et une autre des pigistes. Les  représentants du personnel devront vérifier la réalité et la véracité des déclarations. L’accord signé prévoit que dès avril les pigistes pourront revendiquer leur droit à la formation auprès de Mediafor.

 Les employeurs ont refusé que cet accord couvre les pigistes sans carte de presse malgré les demandes des syndicats. Il est rappelé que les pigistes répondant à la définition légale du journaliste professionnel ont intérêt  à demander leur cazrte dès qu’ils ont travaillé trois mois.

 Attention aux pigistes travaillent pour des associations ou fédérations qui ne cotisent pas à Mediafor : les rémunérations obtenues ainsi n’ouvrent pas de droit dans ce cadre. Mais rien n’interdit de demander des formations sur les plans de formation de ces employeurs ou de demander un CIF aux organismes paritaires auxquelles ces employeurs cotisent.

Comment choisir un organisme de formation ?

Problème du choix des organismes de formation : question délicate puisqu’on trouve de tout sur le marché. On peut faire confiance aux organismes de formation initiale qui font aussi de la formation continue. Mediafor peut recommander, en fonction des formations demandées, des organismes connus par lui.

Est-ce qu’une demande collective peut être formulée ?

Dans le principe, c’est à chacun de se prendre en charge, de motiver sa demande de formation (surtout en cas de reconversion) auprès de Mediafor, devenu interlocuteur unique. Le salaire de compensation pendant le temps passé à la formation est calculé sur les revenus antérieurs.